En avril 2012 et juin 2013, l'auteur a séjourné sur quatre sites choisis pour leurs contrastes climatiques et constructifs, avec un anémomètre TROTEC T300 enregistrant température, débit et vitesse du vent dominant sur plusieurs jours consécutifs.
Climat chaud et humide. Badgir de la maison de Nasuri.
Climat chaud et aride. Badgir du jardin de Dolat-Abad.
Tissu historique d'un centre urbain durable, golfe Persique.
Village en terre d'argile, 2 300 m d'altitude.
Siraf, ancien port de commerce entre péninsule arabique et Inde, servait de route maritime dès l'an 185. Détruite au 10e siècle par un séisme, la ville a livré aux fouilles archéologiques (Aurel Stein, années 1930 ; David Whitehouse, Institut britannique d'études persanes) des vestiges parthes et sassanides. La maison de Nasuri, au pied de la montagne, à une cinquantaine de mètres de la mer, abrite l'un des badgirs les plus étudiés de la thèse.
Sur trois jours consécutifs (17-18 avril 2013), les relevés entre 9h et 18h montrent une température ambiante extérieure moyenne de 35°C contre 27°C dans la pièce à badgir — soit un écart moyen de 8°C, avec un gain de fraîcheur maximal entre 15h et 16h. La fontaine sous la tour, vide lors de l'étude (bâtiment en restauration), aurait accentué cette baisse par évaporation.
Conclusion du chapitre : le flux pénètre dans les pièces voisines à la moitié de sa vitesse d'entrée ; l'autre partie entre et sort par les canaux opposés. Cette étude sert de base à l'ensemble des analyses numériques du chapitre V.
Climat chaud et aride. L'analyse, menée en avril 2013 sur environ 60 heures, porte notamment sur l'impact des fontaines et bassins sur le refroidissement. De forme octogonale, la tour culmine à 33,8 m ; chaque canal, de section isocèle, est profond de 2,4 m pour une prise d'air de 1,5 m.
La coupe du badgir révèle deux points d'évaporation distincts : une première fontaine sous la tour, une seconde dans la « salle royale » voisine, dont la hauteur atteint un tiers de celle du badgir. L'auteur observe qu'à vitesse de vent plus faible, la sensation de confort est meilleure qu'à vitesse élevée — et que l'usage d'une fontaine en climat aride augmente l'humidité tout en abaissant la température, contrairement au golfe Persique où l'objectif inverse prévaut.
L'étude du tissu historique de Bushehr, ville côtière du golfe Persique, documente la situation géographique et le climat de la province, ainsi que les différences d'altitude du terrain — révélant un urbanisme entier pensé pour la ventilation naturelle collective, bien au-delà du seul bâtiment.
Deux jours passés dans les ruelles de ce village perse historique ont permis d'observer l'harmonie entre structure, matériau local et circulation d'air. Conclusion du chapitre : le matériau qui « pousse sur place » offre toujours la meilleure performance thermique pour son climat d'origine.