Au centre de la tour, des parois en forme de « X » séparent les conduits. C'est la différence de pression entre le haut et le bas de cette colonne qui entretient un courant d'air permanent — sans aucune pièce mécanique.
FIG. 149 — Fonctionnement d'un badgir par pression d'air
Le vent frais entre par le haut de la tour et descend ; une partie circule dans la pièce à badgir, tandis que l'autre remonte aussitôt par les conduits voisins. C'est la différence de pression produite entre le haut et le bas de la colonne qui permet l'échappée d'air chaud par le conduit opposé : la pression intérieure, supérieure à celle de l'extérieur, tire l'air chaud vers le haut tout en laissant l'air frais dans la pièce à vivre.
Les essais en soufflerie du chapitre V ont montré que l'angle d'incidence du vent détermine quels conduits aspirent et lesquels évacuent. Ce simulateur reprend ce principe sur une tour à quatre conduits : faites tourner le vent pour observer le changement de régime.
D'après les essais réels : à 0°–15°, absence quasi totale de dynamisme. À 30°, le conduit A aspire pendant que les trois autres évacuent — l'angle le plus performant mesuré en soufflerie.
Les rayons du soleil frappent la face sud du badgir. L'air à l'intérieur du conduit se chauffe et remonte vers la sortie. Cette évacuation d'air chaud permet à l'air frais du nord de descendre et de s'incruster dans le cœur de la terre d'argile.
L'air frais extérieur descend le long des parois, se chauffe par la chaleur emmagasinée dans les murs le jour, et évacue l'air chaud par les portes et fenêtres. Le cycle se poursuit jusqu'à l'équilibre des températures interne et externe — généralement atteint le lendemain matin.
Une bande transporteuse virtuelle : un fluide chauffé se dilate, devient plus léger, s'élève, s'éloigne de la source de chaleur, se refroidit, redescend — le cycle recommence.
L'air chaud qui passe au-dessus d'une fontaine cède sa chaleur à l'eau, qui s'évapore et absorbe cette énergie — abaissant la température de l'air de plusieurs degrés.
Le rapport de la longueur à la hauteur, et de la largeur à la longueur, conditionne toute la conception. Un badgir se décompose en quatre éléments constructifs.
Cadre en bois maçonné de briques de boue ; des lames en pleine longueur soutiennent l'ensemble, des poutres horizontales servent de chaînage.
La partie principale, au-dessus du toit. Sa hauteur dépend des tours voisines et de la région — de 30 cm à 10 m au-dessus du toit.
Installées dans la colonne, elles la divisent en conduits. La lame principale descend sur toute la hauteur pour subdiviser le flux.
L'ossature qui referme les conduits vers l'extérieur, souvent ajourée pour filtrer la lumière tout en laissant passer l'air.
Le nombre de faces actives détermine la capacité de la tour à capter le vent quelle que soit sa direction — un compromis entre simplicité constructive et performance. Planches originales de la thèse, pages 86 et 87.
Construits face aux vents dominants, ouvertures opposées bouchées pour éviter les tempêtes. Typique d'Ardakan et Maybod.
Deux faces opposées, souvent sur réservoirs d'eau. Quatre faces : le type le plus répandu, notamment à Bushehr.
Octogonaux, hexagonaux, parfois circulaires — observés à Yazd et dans le centre désertique. Le badgir de Dolat-Abad culmine à 33,8 m.
Fonctionnement uniquement par convection — l'humidité extrême limite l'intérêt de l'évaporation. Les tours créent des courants d'air intenses pour réduire l'humidité ambiante plutôt que l'augmenter.
Convection et évaporation combinées : les vents passent au-dessus d'une fontaine avant diffusion, augmentant l'humidité relative pour plus de confort en climat sec.